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page éditée le 11/10/02
dernière mise à jour : 11/10/02

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voyages en cinéma
/ enjeux




Un budget réduit
Une forte matérialité
Faire un film en le faisant
Un langage cinématographique spécifique





Un budget réduit


Une idée reçue tenace veut que le cinéma coûte cher.
Le cinéma commercial coûte cher : il se donne les moyens (financiers) de son ambition (être rentable).

Il est pourtant possible de faire un film en pellicule avec des moyens techniques et financiers réduits.

J’ai choisi de travailler en super 8 couleur et N&B, et d’effectuer moi-même le développement de la pellicule N&B, le montage final, les refilmages.
Ce qui à première vue est un handicap (budget réduit) devient source de possibilités supplémentaires : la maniabilité du super 8, la possibilité d’intervention au labo etc.






Une forte matérialité


Ma pratique s’ancre dans une forte matérialité. Ou du moins s’organise presque toujours autour d’une problématique qui touche à la notion de matériel/immatériel.

D’où le choix de travailler généralement avec la pellicule.
Le cinéma possède en effet ceci de particulier qu’il procède à la fois d’une matérialité très forte (le mécanisme de prise de vue et de projection, la pellicule, la “présence” de l’image sonore ou visuelle) et en même temps d’une immatérialité perceptive évidente (le système projectif-perceptif qui fait appel à des sens non tactile, l’ouïe et la vue et qui se base sur une disparition permanente)
La lumière elle-même du reste possède cette double caractéristique, à la fois onde et particules.

Le contact direct avec la pellicule est primordial dans ma pratique. D’où l’importance de l’intervention sur pellicule ou du développement artisanal.






Faire un film en le faisant


“Je ne sais ce que je vois qu’en travaillant”
Giacometti

“Avant de commencer un tournage, je désire surtout faire un film qui sera beau. Dès que les premiers ennuis surgissent, je dois réduire mon ambition et je me prends à espérer simplement qu’on arrivera à terminer le film.”
François Truffaut

Pour beaucoup le cinéma est une suite de frustrations de renoncements : à partir d’un projet écrit, tenter de réaliser la version filmique est d’une certaine façon voué à l’échec, le film ne peut guère être qu’un avatar du projet initial.

Il s’agit pour moi au contraire, de faire le film en le faisant.
Ne pas dissocier expérimentations et réflexions, commencer à filmer avant de savoir précisément ce que je veux dire (pas d’écriture préliminaire), utiliser le hasard, le mettre à profit. Le résultat final en dépend.
Bien entendu il s’agit ensuite d’utiliser le champ d’expérimentations pour en faire un projet plastique cohérent. L’expérience ne se suffit pas à elle-même.






Un langage cinématographique spécifique


Mon objectif principal est toujours d’utiliser le cinéma comme un langage spécifique.

Mes films s’adressent à un public qui ne recherche pas dans le cinéma un produit de consommation fabriqué selon un modèle fixé d’avance (cinéma jetable) mais plutôt un art, une poétique… une sincérité.
Mes films s’adressent à un spectateur actif.

Un de mes objectif est de réaliser des films qui ne s’épuisent pas au premier visionement, mais au contraire, gagnent à être vus plusieurs fois.

Un cinéma qui se remette en cause.
Un cinéma qui donc, s’interroge sur lui-même.

J’ai cherché à travailler sur les 3 composantes du cinéma
(cf cahier n°2) :

1) Sa mécanique :
une machine créant un mouvement / le projecteur.
2) Ses constituants :
lumière et son / image et son.
3) Sa monstration :
la projection.

> Un langage inséparable d’un moyen mécanique d’expression
L’aspect mécanique tant de la projection que du processus de tournage se retrouvera dans l’expression plastique (vitesse de défilement, obturateur…)

> Interroger le rapport image-son
La principale des trois composantes. C’est dans la relation, plus encore que dans les objets image et son que se produit le sens. Il y a a explorer notamment toute la richesse du non-synchronisme, trop peu exploitée au cinéma. Ce que Maurice Lemaître appelle le son discrépant.

> Il y a un projecteur dans cette salle
La monstration, loin de chercher à dissimuler le système projectif, l'intégrera, tentera même de le rendre apparent. Le projet sera conçu comme une séance de cinéma.








mai 2000



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