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page éditée le 03/02/03
dernière mise à jour : 03/02/03

[english]

mes débuts au cinéma


Mes premiers chocs cinématographiques remontent à une période incertaine de l'enfance, (vers 9/10 ans probablement). Je me souvient très nettement de 3 films vu dans un cinéma club à côté de chez moi.
- un film d'aventure dont le héros était un trappeur — je crois avoir reconnu depuis mais sans certitude (dans ma mémoire il s'agit plutôt d'un film en n&b) Dersou Ouzala de Kurosawa.
- un documentaire sur des loutres (mais n'était-ce pas le même film que le précédent ?)
- enfin un film d'aventure, en n&b, très long. J'ai depuis reconnu la légende de Tristan et Iseult, mais sans avoir jamais pu retrouver le film. Je me souviens de la scène ou le héros tue le dragon, se baigne dans son sang qui va le rendre invincible à l'exception d'une zone dans son dos où s'était posé une feuille d'arbre. Enfin je me souviens avoir était frappé par le fait que le héros meurt en plein milieu du film et l'histoire recommence, l'ennemi et meurtrier du héros devenant à son tour, personnage principal.

Ensuite j'ai un vague souvenir d'Ivanhoé.
Et encore après, à l'adolescence, de quelques navets sans intérêt.

C'est tout.

J'ai somme toute très peu fréquenté le cinéma.
La télé non plus, sauf une période de quelques années (boulimie puis dégoût) vers 16/17 ans.

Mes centre d'intérêt était la prestidigitation (que je pratiquerais de 10 à 20 ans environ) et les échecs.

Je découvre vers 18/19 ans le "ciné-club" à la télé et commence à regarder quelques films, et découvre notamment Bergman.

Mais la première vrai découverte, est à la fac (en 1990), d'apprendre qu'il existe des salles d'art et essais (pour moi le cinéma n'était que le cinéma commercial, et ne m'intéressait pas).
Je "bouffe" alors les films.
J'ai la chance notamment qu'une rétrospective Bergman, justement soit programmée, qui me permet d'en voir d'autre. Et sinon je bouffe tous les classiques qui passent.
Plus tard à Paris est programmé l'intégrale Bergman.
Je monte donc à Paris, et passe 3 semaines à voir 1 Bergman par jour, plus un autre film d'un autre réalisateur (Antonioni, Tarkowski etc) dans la même journée.

Je récupère une caméra super 8 et commence à filmer. Je fais mon premier essai de film (vers 1991) : sans dialogue, ni histoire. Sorte de regard poétique et documentaire sur le monde, et j'accompagne le film d'un morceau de Bach.

Mais entre temps le deuxième gros choc survient : je découvre (en vidéo) les films de Pelechian (vers 1991/92). Et là c'est décidé je veux faire du cinéma. Autant les films de Bergman me parlaient vraiment, autant je ne me sentais pas apte à faire de même (je suis incapable d'écrire ou même penser un dialogue). Par contre avec Pelechian, d'une part je découvre une écriture qui me parle et me correspond beaucoup plus, d'autre part je découvre que le cinéma peut révéler une vrai dimension artistique, (car même avec Bergman cette dimension me semblait encore inférieure à celle de la musique, la peinture etc), mais surtout je me sent capable de réaliser moi-même ce genre de films. Je ne connaît encore rien au cinéma expérimental (à peine ai-je vu un ou deux film de Mac Laren, et L'Homme à la caméra de Vertov), surtout je ne sais pas qu'il existe.

Donc c'est décidé (après un certain temps de maturation et de réflexion), je veux consacrer ma vie au cinéma, j'abandonne mes études de maths, et décidant que je pouvais me passer d'école, je pars sans même prendre la peine de finir mon année. Il se trouve que je dois faire mon objection de conscience, et que pendant ce temps supplémentaire, je trouve une école publique sur concours qui correspond à mon niveau d'étude.

Je fais donc cette école, l'ESAV à Toulouse. Elle me convient très bien, j'y apprend le cinéma, la photo et la vidéo. J'approfondis mes connaissances sur des cinéastes (Pelechian, Vertov…) qui sont pour moi des modèles mais qui m'apparaissent comme des ovnis dans l'histoire du cinéma. C'est pourtant ce genre de films que je veux faire. Je découvre d'autre cinéastes, et surtout découvre la technique (et réalise plusieurs films ou bandes sons). Je constate mon incapacité (du moins à cette époque) à travailler en équipe sur un projet. Personne (sauf quelques élèves) ne me parle de cinéma expérimental. En revanche, je trouve et achète dans une librairie le livre : La Poétique de la couleur (de Nicole Brenez et Miles Mc Kane). C'est mon premier contact direct avec l'expérimental. Au bout de 2 ans je considère que j'ai appris ce que j'avais à apprendre dans cette école. (au passage je signale que cette école comprenais un cours "cinéma différent" mais ce cours avait lieu à partir de la troisième année)
Entre temps 2 autres événements :
- grâce au festival organisé chaque année par l'ESAV (rencontres d'écoles de cinéma) je découvre (en 1996 et 1997) des films d'étudiants d'écoles d'art et suis ébahi par la différence de qualité avec les écoles de cinéma, les films sont, de mon point de vue, très largement supérieurs, ou du moins correspondent beaucoup plus à ce que je veux faire.
- j'assiste à ma première séance de cinéma expérimental (vers 1996) au cinéma Utopia de Toulouse : salle bourrée à craquer (la moitié des spectateurs sont refusés et une seconde séance exceptionnelle est organisée le lendemain), films historiques (Duchamp, Le Grice, Lye…), aucun films récent. J'en sort un peu déçu. Je me souviens de 2 films : celui de Duchamp qui m'avait en partie attiré à la séance, qui me déçoit totalement (c'est toujours le cas) et celui de Malcom Le Grice (Berlin horse) qui m'intéresse beaucoup du point de vue de la technique (l'intervention sur pellicule) et du rendu pictural, mais qui me laisse sur ma faim en terme de montage et de construction.

Finalement je n'aurais mis que 6 ans à découvrir l'expérimental (je veux dire à savoir qu'il existe, avant je ne connaissais que la face immergée de l'iceberg) après avoir découvert l'art et essai. Ça aurait put être pire.

En tout cas le sujet m'intéresse. Je commence à découvrir lentement de plus près le cinéma expérimental par des livres, et des films, (même si en province les séances restent rares). Cependant je ne soupçonne pas encore l'immensité et la diversité du champ de l'expérimental.

La découverte de l'expérimental me rendra peu à peu plus tolérant envers toutes les cinématographies. Je suis loin (encore aujourd'hui) d'apprécier tout ce qui se fait en expérimental ou ailleurs, mais accepte que cela existe.

Je réussis alors à entrer (en 1997) directement en 3ème année d'école d'art à Orléans.
Là je découvre (et pratique) en bloc le graphisme, le dessin, la gravure, la peinture, et l'histoire de l'art. J'y réalise en plus des travaux dans les différentes matières, mon premier film d'intervention sur pellicule, Le Journal d'Agnès et ébauche un film de banc titre d'après photos Palimpsestes (film non terminé à ce jour) tous les deux en 16 mm. Je suis toutefois à peu près le seul à travailler en pellicule. En revanche je découvre des travaux intéressants en vidéo.

L'année d'après je change d'école et vais à Épinal. Il me reste 2 ans pour présenter mon diplôme de fin d'étude. Peu à peu c'est tout le réseau alternatif du cinéma, et la richesse insoupçonné du patrimoine cinématographique que je découvre. Dès la première année (en 98/99) je me lance avec une autre élève, Nathalie Curien, dans un projet de documentaire qui aura pour objet de faire un état des lieux des pratiques contemporaines et alternatives du cinéma en France. La réalisation de ce documentaire est un vrai bonheur. Outre rencontrer les gens, on commence réellement à "bouffer de l'expérimental" un peu partout en France au fil de nos voyages : le Festival des cinémas différents de Paris qui reprend du service, Scratch et la Cinémathèque à Paris, quelques séances à Épinal (Metamkine notamment), le festival Fin de siècle à Nantes, etc.
Au cours de ces deux ans, je réalise en outre 2 films super 8 Tandem : faux-raccords et L'invention de la route.

Accessoirement je découvre internet (bof).

L'année d'après je m'installe à Nantes (je me refuse toujours à habiter Paris), et commence à travailler avec Mire (que j'avais déjà rencontré en 98 pendant le docu). Je finis des films, en commence d'autre, lance un projet de camion-labo itinérant.

Depuis je continue à travailler avec Mire, et à faire des films. Et en août 2002 je lance cineastes.net (qui remplace un peu le documentaire, jamais terminé) et commence à travailler sur un manuel de super 8 artisanal.

colas ricard
février 2003