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page éditée le 10/10/2002
dernière mise à jour : 01/10/2016



tandem : faux-raccords

Super 8 gonflé en 16 mm, 6’30, n&b et couleur, son stéréo - 1999/2001
son et co-réalisation : martin gracineau
avec marion janin & steve sehan

un homme et une femme… ils ne se rencontrent pas…
film "par correspondance" entre la france (images) et le québec (sons)

film ditribué par le Collectif Jeune Cinéma et Light Cone
copies disponible : 16 mm mono ou Béta stéréo

infos programmateurs

voir le film en haut débit :
http://www.cinematicfilm.com/tandem.html (lien périmé)
voir le film : https://vimeo.com/71882710 ou (moins bonne qualité) http://www.dailymotion.com/video/xoezb_tandem-faux-raccords-ricard-colas_creation




“Nous nous touchons, comment ? Par des coups d’ailes,
Par les distances même nous nous effleurons”
R. M. Rilke



L’aspect social : le faux raccord
Un film par correspondance
Interstices
La comparaison train-cinéma






L’aspect social : le faux raccord

Le social c’est à dire ce qui lie… ou ce qui sépare.

Il s’agira de travailler sur la distance, sur ce qui sépare, plutôt que sur ce qui rapproche, la distance entre les êtres, entre les choses.

Le voyage est dans la relation.

Travailler sur l’intervalle, le raccord et donc le faux raccord, faux raccord entre l’image et le son, faux raccord entre les personnages qui se croisent, sans se rencontrer.





Un film par correspondance

Pour ce film j’ai demandé à un ami qui habite au Québec de travailler avec moi.
Je lui ai proposé de réaliser un
film par correspondance, travailler en tandem, lui réalisant le son, moi l’image.

L’idée était de réaliser l’image et le son complètement séparément, selon un thème de départ, puis de les assembler, et de revoir enfin le montage final, en essayant de conserver ce que les hasards de cette confrontation pouvait révéler d’intéressant, et de corriger ce qui ne l’était pas.
Par ailleurs je voulais que l’image et le son soient au même niveau, qu’ils aient autant d’importance l’un que l’autre, que l’un ne prenne pas le pas sur l’autre, mais plutôt qu’ils se combinent, qu’ils interfèrent l’un sur l’autre à distance.

Il s’agissait en somme d’une expérience de cinéma : séparer ce que généralement on cherche à faire coïncider, l’image et le son.





Interstices

“En présence de deux plans importants, porteurs de sens, je m’efforce non pas de les rapprocher, ni de les confronter, mais plutôt de créer une distance entre eux”
Artavazd Pelechian

Du point de vue du montage je voulais travailler sur le raccord, et donc le faux raccord : les interstices crées par les faux raccords et ce qui se glisse dans ces interstices.

Les voyages en train sont comme des nœuds dans le temps, des intervalles entre différentes parties de notre vie. Ces intervalles sont des moments privilégiés, des instants de “vide” où la rêverie se glisse. Je voulais un film avec des éléments de narration mais qui tendent vers une forme d’abstraction, comme une perception peu à peu déformée par la rêverie.

Afin de travailler sur ces interstices, j’ai cherché à les dilater, pour créer une faille, un espace vacant où la rêverie puisse s’installer.

Ces failles sont de deux sortes : spatiales (l’espace de l’image) et temporelle (la linéarité : le temps cinématographique, comme la rêverie, est décousu, non linéaire, réversible…)

Je voulais enfin que le travail sur le faux raccord qui sous-tend le film soit présent également dans la narration. Je suis parti d’une situation très simple : un homme et une femme, ils ne se rencontrent pas… Les personnages se croisent, sans se rencontrer.





La comparaison train-cinéma

Faire un film sur un voyage en train c’est déjà instaurer la comparaison train-cinéma.
Il m’a semblé important de la développer, la mettre en avant.

Ce thème se développe autour des trois composantes du cinéma.

1) L’aspect mécanique : défilement, rythme court-long-court , obturation…
2) Le non synchronisme entre l’image et le son
3) La présence du projecteur : faisceau lumineux, son optique à l’image, pellicule qui brûle… L’intégration du système projectif : image dans l’image, superpositions…



mai 2000



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pour aller plus loin

bibliographie/filmographie

voyages en cinéma