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page éditée le 10/10/02
dernière mise à jour : 10/05/03

[english]
l'invention de la route

super 8, 15’, n&b et couleurs, son - 1999/2003
voix off : Olivia Chagué





“Rien qu’à regarder cette route qui se prolonge jusqu’à l’horizon, nous sommes déjà «en voyage»”
François Dagognet



L’aspect individuel : le voyage intérieur
Un film de route
Impressions
Qui parle ?






L’aspect individuel : le voyage intérieur

L’individuel c’est à dire ce qui isole.

Il s’agira de travailler sur la notion d’entité, de bulle, la bulle qui nous contient, qui nous délimite, dans laquelle nous nous enfermons peut-être.

Le voyage est intérieur.

Mettre le spectateur face à lui même,
le renvoyer face à sa propre bulle, sa solitude.





Un film de route

Premier élément (premier hasard heureux) pour ce film : l’opportunité qui se présente d’un voyage en Afrique en voiture (France-Burkina). L’occasion rêvée pour réaliser le second film.

Le voyage est programmé pour la fin d’année 1999. Il durera 3 mois. Les pays traversés seront : France, Espagne, Maroc, Mauritanie, Mali, Burkina Faso.
Le tournage et l’écriture du film se feront au cours du voyage.


Ce sera un film de route.
Selon Frédéric Delmeulle (in Dictionnaire du cinéma mondial) le Road Movie se caractérise par : l’inadaptation aux normes de la société, la solitude, l’espace (américain) et surtout l’errance, “le voyage est d’abord le moteur et l’occasion d’une recherche intérieure, d’une quête”.

Il s’agit de travailler sur ce qui isole. Ce serait une sorte de journal intime. Travailler sur une intimité, une proximité avec le spectateur.





Impressions

Entre1996-99 j’avais réalisé un documentaire de facture relativement classique Radio Tériya, un certaine idée de la coopération. Suite à ce travail, m’est apparu l’impossibilité de rendre compte d’un voyage en Afrique par un rendu “réaliste”.

Les images tendront vers une certaine forme d’abstraction.
Il s’agit avant tout de donner à ressentir plutôt que de montrer. C’est le spectateur qui sera amené à générer lui-même d’autres images, d’autres sons, des impressions, pour remplir les “manques” apparents du film.

Il s’agit de faire passer des moments particuliers, des impressions :
- l’itinérance : être toujours en mouvement, le paysage qui défile… l’errance aussi ;
- des moments de contemplation : le temps qui passe et rien d’autre (le temps ne s'arrête pas en Afrique, il coule, comme une rivière), contraste entre ce temps et celui plus rapide de la route ;
- aspect lancinant de la route (images répétitives…) ;
- la fatigue ;
- les idées qui se mélangent : on découvre sans cesse du nouveau, sans avoir vraiment le temps de l’intégrer. L'interférence aussi avec des images de France qui surgissent d’un coup ;






Qui parle ?

J’ai conçu le film sous forme de journal, d’une voix intérieure: images et texte (en voix off) se répondent en contrepoint, tantôt en décalage, tantôt en correspondances.
J’ai donc été amené à réfléchir sur la notion de narrateur…

Le nouveau roman, avec Michel Butor, entre autre, a amené une réflexion sur l’emploi des sujets dans la forme narrative.
Le nouveau roman, afin notamment d’accéder à une universalité et une intériorité plus poussée, a eu tendance à effacer le personnage, le rendre impersonnel (plus de nom propres, plus de background…). Plus le personnage est anonyme, plus il laisse de la place au lecteur-spectateur pour s’y inscrire lui-même. C’est naturellement qu’à force d’effacer légèrement les caractéristiques des personnages, ceux-ci finissent par disparaître totalement pour se résumer à une narration à la première personne en voix off, puis à une relation directe narrateur-spectateur.

J’ai opté ici pour l’emploi la deuxième personne du singulier (le “tu”), pour mettre le spectateur face à lui même, le renvoyer face à sa propre bulle, sa solitude.
Qu’il se retrouve seul dans sa relation au film (effacement des personnages, du réalisateur même).
Que ce soit lui qui fasse le voyage.
Le voyage est avant tout cinématographique.




mai 2000






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pour aller plus loin

bibliographie/filmographie

voyages en cinéma


le texte de la voix off du film