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published page: 03/08/03
last update: 03/08/03


[français]

agnes diary
[french title: le journal d'Agnès]

(16 mm, 4' 30, color, sound - 1997/98)
text and voice over: marion janin et colas ricard

synopsis
voice over


"It tests a pleasant feeling when outside something is offered to him which corresponds to its nature."
"It is only the Nature which speaks, and reveals, its existence, its force, its life, its structures."
J.W. Goethe. (in The treaty of the colors)




Synopsis


Un homme (le narrateur) retrouve par hasard un journal, et de vieilles bobines de pellicule. Le film retrace sa rencontre avec ce matériau, témoignage d'un passé qu'il interroge.

Le journal est celui des derniers jours d'Agnès atteint d'une maladie grave. Elle y fait état de ses promenades en forêt, de l'apaisement que lui apporte la contemplation de la nature et du printemps qui arrive. Les films (tournés par elle) montre cette nature qu'elle a tenu à enregistrer, comme pour mieux se fondre avec elle.

Le journal et les films semblent être gagnés par la maladie d'Agnès. Mais ce qui au début est dégradation de la pellicule finit par devenir un matériau plastique proche d'un poème visuel.







Conplete text of the voice over:


Narrateur

«Il arrive parfois que nous soyons confrontés à des traces d'une vie plus ancienne, une vie antérieure et disparue, à travers des objets, à travers des souvenirs… Ce passé qui s'ouvre à nous, nous attire, nous y cherchons une expérience.
C'est ainsi que je retrouvais par hasard ce journal des derniers jours de la vie d'Agnès, et ces vieilles bobines de pellicules qu'elle filmait au cours de ses longues promenades.
Agnès est morte au printemps, elle filmait cette nature et les gens qui l'entourait, peut-être pour tenter de récupérer un peu de cette vie qui disparaissait en elle.»

Agnès

«20 avril
L'air est doux maintenant.
Je peux partir en forêt.
Mes promenades sont lentes, au rythme de mon corps.
Tout ce calme environnant m'apaise, m'apporte une douceur qui m'aide à supporter la douleur.
Je m'arrête longuement pour m'imprégner de ce qui m'entoure :
Odeur de terre humide et de moisissure.
Effluves de pollen, d'herbes.
La lumière changeante dans les feuillages.
Les craquements du bois.
Les cris de toute cette vie cachée qui s'agite.»


«28 avril
Je n'écrit plus, si ce n'est ce journal, vieille habitude dont j'ai du mal à me défaire.
Je ne lis presque plus, quelques pages, toujours les mêmes.
Je me contente désormais de mes promenades»


«29 avril
Il ne suffit pas de dire que la nature apaise.
Je suis là, partie infime, partie intégrante de la totalité de la nature…
Dans tout ce que je contemple, je me retrouve un peu.
Et cette nature m'aide à révéler en moi-même ce que je possède de commun avec elle :
sa force, sa vulnérabilité.»


«6 mai
Marcher me fatigue de plus en plus.
C'est le printemps et je m'effrite.
Et ce que je vois finis par s'effriter aussi.
La nature me renvoie ce que j'y mets de moi-même.
Elle m'est proche parce que je la perçois à travers mes sens.
Un monde nouveau se crée, nourrit de la réalité transformé par ma vision.»


«10 mai
Toute douleur à disparu.
Vent frais. Douce lumière.
Je regarde…»






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